1978-81 - Croisières diverses
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Printemps 78, croisière vers Ouessant, passage à Portsal, devant l'épaved e l'Amoco Cadiz
30 avril 78 Gwenilli JCB, Yves Primel
> Brignogan, sur coffre
1er mai > Aberbenoit St Pabu
(Amoco Cadiz)
2 mai > Argenton > Molène
3 mai > Balanec > Ouessant Lampaul
4 mai > (Fromveur) AberI ldent abattage en carène,
refait antifouling babord
5 mai > Aberwrach
6 mai > Primel
Ile de Sercq


(détails)
J’écris une relation de notre périple en bateau d’août 1978. Comme je n’ai pas beaucoup de mémoire, j’écris sur le papier cette navigation mi aventureuse mi bourgeoise, pour avoir le plaisir de me la mémoriser avec fidélité.
Nous levons l’ancre de Primel-Trégastel un mardi dans l’après midi. L’équipage, Claude Brisset, Yves et moi. Je n’ai aucune prétention pour les sports nautiques et j’avoue mon peu de compétence pour manœuvrer un bateau. Je pense aussi n’en avoir pas réellement le goût. Aussi dès que j’ai appris quelqu’élément de technique – non sans effort – je l’oublie. J’avoue aussi que j’ai un peu peur en bateau. Je serai seulement le fou du roi, la sirène du bord. J’ai averti qu’il me faudrait une cure de sommeil de 2 jours pour m’amariner..et je demande de débarquer chaque jour et d’avoir le plaisir de marcher sur la terre ferme.
En somme je suis une équipière un peu particulière…un passager exceptionnel.
Il fait beau, le ciel est lumineux, la mer aussi. On jette l’ancre à Ploumanac’h contre une sorte d’écluse qui retient les eaux bretonnes. On y dîne, on y dort. Et le lendemain nous marchons dans un chaos de granit à la végétation méditerranéenne. Le sentier nous amène jusqu’à la chapelle de saint Guériec, les pieds dans l’eau. On se marie si on l’implore . Puis jusqu’à un phare. Il y a des landes violettes de bruyère – et la pierre est rose.
8 août 1978 Gwenilli JCB Yves Claude
C. Primel > Ploumanach
9 août > (Rouzic) (Ziliec) St Modet à Bréhat
10 /8 > Portelet à Jersey
11/8 > (StAubin) StHélier
12/8 > Gorey> Ecréhou > Ste Catherine>
Rozel
13/8 > tour de Jersey, Corbières,> Ste Brelade
> marina St Hélier
14/8 > Minquiers, passe Blanchard, Chausey, Granville
port Hérel
15/8 > béquillé 1km nord ouest Mt St
Michel
16/8 > St Cast > St Quay de nuit
17/8 > Port Blanc > grève St Quériec
(Ploumanach)
18/8 > Batz > Primel

(détails)
Chapelle Saint Guériec à Ploumanach
On relève l’ancre. La traversée me laisse
indifférente, je somnole. Les 2 capitaines, c’est Yves le
vrai capitaine, ont promis de me réveiller quand nous arriverions
à l’île Rouzic, une des Sept Iles au large de Ploumanac’h,
qui est le royaume des oiseaux.
A leur signal j’émerge du mal de mer, on est très près de
l’île. Je suis d’abord atteinte par le volume sonore, c’est
un jacassement, un étourdissement de cris de conversation
de volatiles qui vous envahissent totalement. Pour les yeux,
j’ai l’impression que tout un pan de montagne est couvert
de fleurs blanches, la densité est homogène en tout point
de la pente – mais j’ouvre mieux les yeux, ce sont des oiseaux.
On me passe les jumelles – ce sont des fous de Bassan (nous
en avions trouvé un dans notre jardin à Vierville, il semblait
très malade) ; le dessus de leur tête a une couleur jaune
pleine de douceur, le reste est blanc, plein de grâce. Nous
avons essayé en vain de mouiller près de cette île, le mouillage,
(un coffre mal amarré, nous est resté dans les doigts) n’était
pas facile. Nous sommes repartis – dans une certaine direction
sous le vent, nous arrivait des odeurs de poulailler. Oui
l’oiseau aussi a son arôme..Le soir même nous mouillons près de l’île de Bréhat
pour, le lendemain jeudi 10 août, être prêt à partir pour
l’île de Jersey que nous comptons atteindre en une journée.
Je suis toujours habitée par le mal de mer ; je fais
ma cure de sommeil en compagnie d’une bouillotte.
Dans l’après midi Jersey est atteinte. Nous mouillons à Portelet
Bay, dans un paysage méditerranéen qui me rappelle la Corse.
On débarque et une marche jusqu’à St Aubin, par son caractère
hygiénique, redonne à chacun un excellent tonus.
L’eau est transparente, l’air doux, le calme anglais.
On décide de mouiller à St Hélier pour y trouver le confort
d’une eau exempte de remous et pour profiter de douches réconfortantes.
De plus cela permettrad’être
le lendemain d’attaque pour la contrebande.
Vendredi 11Nous
circulons dans les rues piétonnes. Je violente Yves pour qu’il
s’achète un tricot « Guernsey » à la coupe étudiée
et le style sobre. (les « Jersey » ont une ancre
ridicule en décor tricoté) Pour moi c’est un lambswool… et
puis Yves ne résiste pas à un appareil radio… et Claude à
un short de l’armée des Indes…
Claude ramène à bord des côtelettes d’agneaux dont la saveur
est inégalable .
Samedi 12Le tour de l’île a été décidé, nos racines seront tout
autour de Jersey. L’île est douce – Il y règne un art de vivre
courtois, à la fois confortable et austère. Nous mouillons
à Gorey bâtie au pied du Mont Orgueil. Yves téléphone d’une
cabine à sous. Une ligne de maisons bien rangée longe le port.
Il est midi, le démon de l’action s’empare des capitaines,
il faut appareiller, le temps est propice, la mer immobile,
très pâle. Le moteur est utile pour aller à l’archipel des
Ecréhou . Les îlots émergés se détachent nombreux, les
capitaines font de la technique pour trouver les passes, et
l’île principale apparaît. Une douzaine de petites maisons
sont serrées autour du piton. Ce sont des petites maisons,
simples, fonctionnelles, habitées par de solides gens de la
mer qui aiment la pêche et la vie frugale. Ce sont des habitations
d’été vacancières, un retour à la vie naturelle. Des costauds
sont de passage sur cette île (plus une costaude), ils sont
venus en kayaks – carte et boussole fixées sur le bois du
kayak – de Jersey en passant par Granville et Port-Bail. Ce
sont des vikings du XXème siècle. J’ai vu sur cette île un
jeune goéland qui, couleur de galet, appelait sa mère qui
répondait du ciel mais n’osait pas s’approcher car je la gênais.
Les kayaks sont repartis, rapides et joyeux ; ils n’ont
pas peur ceux-là.
La mer est restée calme et pâle, parcourue par des courants
bien sûr.
Nous trouvons un abri à Rozel à l’Est de Jersey. C’est le
soir, l’avant port est sur le rivage coloré par le soleil
couchant de vert et de brun et de jaune. Un cerf-volant est
très haut dans le ciel. Un château un peu fou sur le haut
de la colline au nord.
Dimanche, Yves appareille à 7h du matin seul sur le port,
l’équipage est endormi. Il a réfléchi aux courants, il y a
du vent, il est temps de partir si l’on veut faire le tour
d l’île par la nord. Il y a en effet peu d’abris ; la
côte est escarpée, le bateau marche bien.
A l’ouest de l’île je somnole. Nous jetons l’ancre à Ste Brelade.
Excursion dans l’arrière pays domestiqué par des jardins anglais
ouverts à tous, des parcs publics soignés, inimaginables en
France. Les capitaines se baignent ; je leur apporte
un thé bouillant sur la plage – j’ai vu les anglais porter
leurs plateaux, j’ai fait comme eux, c’est très britannique.
Le soir à St Hélier nous fêtons les 47 ans de Claude et nos 24 ans de mariage – à la santé de nos enfants. Le soir un texte de la bible d’Elie nous rappelle que celui-ci a trouvé Dieu ni dans le fracas du tonnerre ni dans les tremblements de terre mais dans le murmure du vent. Mais Elie était seul et cherchait.
Lundi, départ pour Granville où nous faisons escale pour approcher le Mont Saint Michel. Oui, avec ses mirages et son prestige nous voulons l’accoster par la baie. On s’y échouera peut-être. Ce sera l’aventure.
MardiNous quittons Granville vers 14h30 après l’ouverture
des portes. A 17h c’est la pleine mer à St Michel. On suit
des bouées noires, c’est sans doute le chenal. A 1k de la
tour N Ouest nous touchons le fond. L’eau clapote. On béquille
en grande hâte. Un écrou se tord, la réparation se fait à
bord pendant que la mer redescend. Nous sommes échoués, un
bateau de pêche nous fait une visite amicale. Gwenilli est
amarré avec 120 m de « bout » et une ancre dans
la direction du chenal du Couesnon qui serpente à l’ouest
du Mt St Michel.
Quand demain matin le flot sera à son maximum (20cm de plus
que la veille au soir), à 5h30, les capitaines se tireront
sur l’ancre. Mais il ne faut pas que le vent se lève, le clapot
gênerait très fort la manœuvre.
Le crépuscule vient. Le Mont Saint Michel émerge d’une mer
de sable. Dans le soubassement un îlot de verdure. Puis une
église fortifiée (peut-être améliorée par Violet le Duc) et
par dessus une église au chevet flamboyant. Nous partons à
la conquête du monastère ; nous avons gonflé l’angevinière
pour traverser le Couesnon. . Mais il y a peu de profondeur,
l’eau dépasse à peine la hauteur de nos bottes. Le mythe des
sables mouvants n’existe plus, seulement un sable chargé de
vase. Nous longeons les soubassements, les murs des églises,
les remparts de la ville : ceci nous mène au sommet.
Les touristes sont peu nombreux, quelques originaux attardés
ou quelques gastronomes chez la « Mère Poulard »
. Nous avons vu au travers d’une porte une jeune servante
avec une poêle au long manche qui cuisait sur un feu de bois
cette fameuse omelette qui n’a son égal nulle part ailleurs.
De retour à bord nous avons ouvert une bouteille de Champagne.
Mercredi matin.La
manœuvre de déséchouage soigneusement préparée réussit parfaitement.
Il fait encore nuit et le bateau flotte. Nous faisons escale
à St Cast. Je descend dans la ville où je retrouve la civilisation.
La navigation continue, le mer est dure. C’est l’allure « vertige »
c’est à dire que le bateau gîte. Dans les passes il y a du
courant. Je dors, la navigation se termine dans la baie de
St Brieux à St Quay à 4h30 du matin.
A 7h j’aide à la manœuvre du départ. Les courants sont formidables
et inquiétants pour ceux qui ne sont pas habitués aux farces
des marées. Ici la mer est toujours inattendue ; elle
découvre peu ou beaucoup, les courants se déplacent, s’inversent
– c’est une bête vivante qu’il faut apprivoiser (et je suis
un mauvais dompteur et un mauvais maître).
Jeudi nous retrouvons Marie à Port Blanc. La mer est calme,
le soleil chaud, on se laisse vivre jusqu’à l’île de Batz
où nous passons voir Ghislaine Babinet – son mari est absent
– dans une vieille petite maison de l’île.
Nos navigateurs sont heureux, être marin est une aventure
masculine. Il faut de la stratégie pour contourner et évaluer
les obstacles ; il faut de l’esprit d’entreprise, de
la décision, de la prudence. Il faut aussi faire équipe –
et quelle bonne équipe nous formons. Nous nous prenons les
uns les autres tels que nous sommes, quoi de mieux ?
Mais j’admire beaucoup les pêcheurs. C’est un métier dur qui
demande du courage physique (ce sont souvent de petites embarcations).
La navigation n’est alors plus qu’un jeu, c’est la trame journalière
de la vie ; elle permet de faire vivre une famille et
retire de la mer qui est aussi « mère nourricière »
une nourriture qui se renouvelle tous les jours.

(détails)
Pêcheurs
24 mai 79 Gwenilli JCB , Michel C., Yves
Primel > Batz, à quai appuyé
25 mai > Aberwrach
26 mai coup de vent > Le Stiff
27 mai > Molène > Camaret
28 mai tempête
29 mai Camaret > Sein
30 mai > Concarneau marina
31 mai embarqué Claude C. > Glénan, la Chambre
1er juin >Port Tudy (Groix) , débarqué Michel
> Port Maria
2 juin > Crouesty > grève carénage tribord >
Crouesty > anse de Kernis (Golfe du Morbihan)
3 juin > Montsarac (Golfe aussi) caréné babord,
appuyé sur cale
14 juillet 79 Gwenilli Martin, Christophe, Cécile B,
Christophe et Isabelle Géry à
quai Monsarac
15 juillet > Crouesty + 1 bateau > Croisic
16Juillet 3ème bateau> L'Herbaudière (Noirmoutier)
17/18 L'Herbaudière > (nuit en mer)> Ré St Martin
(Gwenilli seul)
19 juillet ST Martin > La Rochelle
20 juillet > Boyardville, (Ile d'Aix)
21 juillet > Château d'Oléron >
22/7 > Sables d'Olonne
23/7 >Port Joinville (Yeu) arrivée de nuit
24/7 restés à Yeu
25/7 > Belle Ile (port du Pouldon)
26/7 > Port Tudy (Groix)
27/7 > Sauzon (Belle Ile)
28/7 > Le Palais > Houat plage Béniguet
29/7 >Houédic, Montsarac (Golfe)
1980 1er juillet Gwenilli Christophe et Isabelle Cordelle, Corinne
Perret, Patrick Bèle Primel > Trébeurden
2/7 > Port Blanc
3/7 > StPierre Port
4/7 au port
5/7 > Serq
6/7 > Aurigny
7/7 au port renonciation à Wight
8/7 > Gorey
9/7 > Chausey
10/7 Chausey
11/7 >St Malo
12/13 juillet >Perros Guirec débarqt équipage Rest
Chrsitophe, JCB arrive
14/7 >Primel avec Christophe et JCB
5/8/80 Gwenilli - Yves et Claude - Granville, resté
au port, vent, bateau racheté en totalité par YC
6/8 Granville> Chausey (La Massue)
7/8 > StHélier
8/8 > Gorey
9/8 Gorey
10/8 > Sercq
11/8 > Omonville
12/8 > Cherbourg marina
13/8 > Barfleur
14/8 > ST Marcouf > Grandcamp pour désarmement
1981
11-4-81 "Lancelot" Beaujolais de JCB AR rade des Sables
d'Olonne JCB, YC, Cécile, Thomas +2?
1er au 3-5-81 "Lancelot", JCB, YC, Marie B, Cécile
Thomas + 2?
Les Sables > Ars en Ré > St Marti > La Rochelle
9-5-81 "Lancelot" JCB, YC - La Rochelle > Les Sables
juillet 81 croisière Yves + Claude- 8j - Grandcamp - Port-Bail
Croisière en Corse et Sardaigne, 1981
,20 août 81
8j voilier Gin Fizz "Ecume des Jours"
Michel Christiane Arnaud YC Christophe Dauja?, Mr et Mme
Mondin
20-21 Toulon > CaprI
22> Girolata
23 > CapRosso > Portiglio
24 > Figari
25 > Bonifaccio
26 > Lavezzi > La Madalena (Sardaigne)
27 > Lavezzi > Portovecchio

(détails)
visites à terre

(détails) Eté 81, Gwenili est remis à flot après les dragages du port de Grandcamp
Carte de Claude (sur Gwenilli, dans les Anglo-Normandes) à ceux de Dampierreété 81
Chers habitants de Dampierre
J’espère que vous continuez à manger de bonnes fraises et
à occuper tous les recoins du jardin avec un beau temps
d’été. Si Yohann est encore là, j’espère qu’il a bon appétit
et mange joyeusement à la cuillère de grands bols pleins
de bonnes choses.
Je vous envoie cette carte très évocatrice des grands espaces
de la mer. Tout va bien à bord. Le miracle est que jusqu’ici
je n’ai pas eu le mal de mer. Nous faisons une croisière
« à l’anglaise », débarquons dans de petits ports
calmes et vétustes. Temps doux, peu de vent. Yves se joint
à moi pour vous embrasser très affectueusementClaude
1981 8/7 Gwenilli - Yves Claude Grandcamp>
St Vast
9/7 > Barfleur
10/7 > Cherbourg
11-7 > Omonville
12/7 > Aurigny
13-7 Aurigny brouillard
14-7 > St Pierre
15 St Pierre
16-7 > Herm > Sercq
17-7 > Carteret
18-7-81 Gwenilli nouvel équipage: Christophe et
Isabelle + Yohann, Catherine Giroux et Pierre Allier
19-7 Carteret > Aurigny, Braye
20-7 > Cherbourg
21-7 > Bembridge (Wight)
22-7 > Riv Medina (Wight) (Folly Inn - Cowes)
23-7 Folly Inn
24-7 > Fresh water gate
25-7 > Baie Studland
26/27-7 > Cherbourg
28-> Goury
29-7 > Herm
30-7 > Sercq
31-7 >Omonville
1er -8 > St Vaast
2-8 > Grandcamp
Carte de Claude (sur Gwenilli, à Cherbourg) à Vonnetteété 81
Ma chère Vonnette
Eh oui il fait très beau, avec du vent juste ce qu’il faut
et une mer aimable. Je suis un bon mousse et n’ai presque
pas le mal de mer. Nous avons fait une halte à St Vaast
La Hougue, nous y avons mouillé la nuit… Ce matin à l’aurore
nous avons dépassé le cap de Barfleur où il y a toujours
des courants terribles.. ce soir nous sommes à Cherbourg
- Maman parle toujours du lycée de Cherbourg qui était si
épatant. Y étais tu aussi ? Il y a maintenant là un
port de plaisance énorme avec une forêt de mâts. Ensuite
après plusieurs escales nous irons chez les anglais à Aurigny,
l’île de Sercqet Guernesey sans doute si les vents nous y
poussent. Pourvu que les anglais me comprennent, car je
parle un anglais bien déplorable. J’espère que tu vas bien.
Gros baisers, Claude






















