Yves & Claude · après 1954

Page 86: 1974-75, chez les Rougier

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1974-75 - Chez les Rougier, Dampierre et Versailles

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(détails) les moutons des fermiers voisins

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(détails) la chambre à four

Grand Père nous a quitté en juin 1974

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Lettre de Nicole Cordelle à Claude, après la mort de Grand-Père
Meudon, jeudi 27 juin
Ma chère Claude
Te voici dans la peine, ainsi que ta Maman et toute ta famille. François et moi venons te dire tout simplement notre profonde affection et la part que nous prenons à ton chagrin. Nos prières et nos pensées vont vers ton papa, demandons au Seigneur qu’il le prenne dans sa lumière et sa paix, et vers ta maman pour qui cette séparation après plus de cinquante ans de vie conjugale est si cruelle.
François se joint à moi pour t’embrasser bien affectueusementNicole

Nous déménageons mardi et mercredi prochain, et prendrons la route dès que le camion aura fini son chargement, mercredi soir je pense. Notre adresse à Marseille est 2 avenue Maurice Barrès 13008 Marseille. Je n’ai pas encore le N° de téléphone, et je te le donnerai dès que je l’aurai.

faire-part de décès de Maurice Rougier
faire-part de décès de Maurice Rougier

Lettre du Père Le Thorel à Claude (le Père Le Thorel est notre ami depuis qu’il a rencontré Christophe par hasard dans un train vers 1972. Le Père Le Thorel est mort dans les années 90. Il a été enterré dans le cimetière des prêtres dans le parc de Grentheville. Il m’avait beaucoup aidé lors de la mort de Claude en 1988 et après).
Maison du Sacré Cœur , Grentheville, 14540 Bourguébus
Grentheville le 14 octobre 1974
Madame

Voici un peu tardivement ma réponse à votre très aimable lettre qui m’a trouvé ici, à six kilomètres de Caen, dans la plaine où l’on ne peut faire de comparaison avec le bocage du pays de Coutances, mais le cœur ne s’y fatigue plus.
Fin juillet, Mgr l’Evêque de Bayeux m’a fait savoir son désir de me confier la direction de la maison de retraite des prêtres âgés ou malades. Je n’ai pas hésité à dire oui et à venir en mon diocèse où je n’avais pas travaillé depuis mon ordination sacerdotale. J’éprouvais un peu la nostalgie de mon terroir d’origine. La Providence m’a fait signe. Fini ma vie d’ermite en mon joli pavillon du Parc, et c’est la vie fraternelle au service d’une vingtaine de prêtres. Vous viendrez, j’espère, m’y visiter. Grentheville est une minuscule commune située après Mondeville à droite, en retrait de la route de Lisieux-Paris, je veux dire la route de Caen à Lisieux-Paris. Domaine très gracieux avec un vrai bois et d’agréables pelouses.
Et votre Touraine ? J’en ai entendu la louange…car un de mes neveux s’y est construit une aimable résidence à Bourré près Montrichard. Saint-Avertin est dans la direction !

Je garde le souvenir de votre aimable passage de 1973, mais avec unevrai confusion. Vous fûtes si maigrement reçus ! Votre amitié a résisté heureusement à cette « épreuve » . J’étais revenu de voyage la veille ou l’avant-veille et je n’avais aucune provision ou réserve ! Oui, je suis resté confus.
Le 25 août dernier, me trouvant à Paris, je suis allé à la Sainte Chapelle fêter Saint Louis. J’aurais aimé avoir un guide de choix, mais je me suis contenté de mes pensées et de ma piété. Je suis allé ensuite revoir le musée deCluny et admirer les statues d’Apôtresjadis dans cette Sainte Chapelle ainsi qu’un délicieux Saint Louis, bois du 14ème siècle.
Vous me donnez des nouvelles de toute la famille. J’ai prié et je prierai avec vous en pensant à votre Père entré dans la vie mystérieuse de l’Au-Delà. Nos disparus ne sont pas des absents. Mais avec nos parents ce sont nos racines terrestres qui sont coupées. Comme m’a dit voici trois jours un de mes vieux prêtres à qui je faisais entrevoir l’approche des souffrances et de la mort après lui avoir donné le sacrement des malades : « ce n’est pas une épreuve, c’est une bénédiction ». Tout est Grâce, disait Thérèse de Lisieux.
L’évolution des grands et des petits continue …J’ai pensé à Frédéric lorsque le Père Goube, nouvel aumônier de l’école Ste Geneviève (rue des Portes) m’a prêché une admirable retraite, fin août. Le voilà Polytechnicien…l’aube de la gloire !
Notre Christophe grandit encore, mais comment se décidera-t-il ? Il me faut parler de lui au Seigneur. Et Martin…et Renaud, je pense à eux de tout mon cœur !

Veuillez assurer Monsieur Cordelle de mes sentiments d’amitié et croire vous-même, Madame, à mes sentiments de bien cordial respect.
Jean-Louis Le Thorelpr.
Excusez le mauvaise volonté de mon stylo !

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